Amazon est devenu le symbole du consumérisme le plus détestable. Il ne paie pas d’impôts en France, vend des produits chinois et ne respecte pas les règles sanitaires. Et crime suprême, il est la cause de la mort prochaine des petits commerçants.

Est-ce la vérité?

Pourquoi tant de haine envers le GAFA? Au passage GAFA est un acronyme qui signifie Google, Apple, Facebook et AMAZON.

Tout bon exposé commence par une définition. Amazon est ce que l’on appelle une marketplace (place de marché), c’est à dire une plateforme informatique où vous pouvez vendre tout ce que vous voulez, à condition d’être commerçant professionnel. Le Bon Coin, Vinted, Rakuten sont des plateformes de commerce mais de biens d’occasions ouvertes aux particuliers.

Donc en résumé, Amazon ne vend rien. Par rien, j’entends rien de physique. Amazon vend des services, point.

Amazon vend tout d’abord le droit d’accès à sa plateforme (site Internet) pour vendre vos produits, avec les services marketing qui vont avec. Amazon vend des services d’hébergement Web comme OVH par exemple. Amazon vend des services de logistique et de livraison si votre entreprise le désire.

Cela remet l’église au milieu du village. Car à entendre les spécialistes de tout et de rien dans les médias, la seule chose dont je suis sûr, ils ne savent pas ce qu’est Amazon.

Attention, ceci n’est pas un plaidoyer pour Amazon. Mais si l’on veut attaquer un GAFA, mieux vaut savoir de quoi l’on parle.

Amazon bien entendu ne paie pas ou très peu d’impôts sur notre sol. Mais en contrepartie embauche des dizaines de milliers de salariés notamment dans ses centres logistiques.Notre taux de chômage étant tellement élevé fait que le GAFA nous apporte une bouffée d’oxygène mais aussi un moyen de pression à l’emploi

Amazon vend des produits chinois mais aussi des produits français ou des produits venant de petites entreprises françaises. Rien n’empêche donc le petit commerçant de vendre sur Amazon.

Nous nous arrêtons un instant dans notre démonstration. Nous parlons en ce moment de numérisation des entreprises.
Cela tombe bien car nous sommes spécialisés dans ce domaine. Rien n’empêche aujourd’hui de monter sa propre plateforme de marketplace.Certes cela demande du travail, mais moins qu’avant. On peut même mutualiser cette plateforme à plusieurs commerçants pour réduire les coûts.

Il y a quelques années, j’ai vu les hoteliers s’élever contre Booking. Mais qui les a empêché de créer une plateforme de réservation ?  Car même s’ils se plaignent des commissions à reverser à Booking, ils doivent convenir que l’outil les aide à améliorer leur taux de remplissage.

Revenons à Amazon. Le géant américain est-il la cause de la mort prochaine des petits commerçants ? Non, car le petit commerce est une entreprise comme une autre et doit s’adapter. Certains le font très bien depuis des années en proposant une offre différente.
Amazon ouvre une voie qui est jugée dangereuse pour qui et par qui? La grande distribution tout d’abord qui voit ses parts de marché attaquées (en plus d’une baisse des ventes liée au pouvoir d’achat). Les grandes enseignes également qui fonctionnent notamment au flux tendu. Vous ne trouvez pas votre produit car les stocks sont limités. En deux clics sur un site e-commerce votre produit est livré chez vous en 48h.
La vraie menace de ces grands groupes est la numérisation qui leur crée des challengers de toute part.

Quand on attaque Amazon, c’est la numérisation du commerce que l’on attaque. Ce sont de grands groupes qui sont à la manœuvre pour juguler leur propre hémorragie derrière une fausse contrition de vouloir sauvegarder le petit commerce.

Ne nous voilons pas la face, Amazon n’est ni gentil, ni méchant. Sortons de notre manichéisme, le numérique est un outil. Le bien ou le mal du numérique dépend de notre utilisation.Il y a encore 15 ou 20 ans, un artisan du fond de la Corrèze ne pouvait pas imaginer être connu dans le monde entier aujourd’hui c’est possible.Non? Alors demandez à Jeff Bezos ou à moi . 😉